Bienvenue sur le blog ♥♥♥L'Odyssée de la vie♥♥♥

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L'Odyssée de la vie retrace, de la conception à la naissance, les neuf mois d'une aventure exceptionnelle et pourtant commune à tous : la genèse d'une vie humaine.
Un voyage magique entre le quotidien d'un couple et l'évolution d'un foetus entièrement reconstitué.




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# Posté le mercredi 29 août 2007 15:08
Modifié le samedi 09 mai 2009 04:17

Les secrets d'une Odyssée

Les secrets d’une Odyssée
C'est un film de Hervé Dresen et Nils Tavernier
Directeur scientifique René Frydman

Les Secrets d'une Odyssée combinent trois ingrédients :
• Des extraits choisis du film de 90 minutes afin de soulever des questions scientifiques
ou de pénétrer les coulisses de la 3D ;
• Des interviews des scientifiques et des médecins associés au film
• Des séquences sur les coulisses de la production. L'occasion de découvrir les grandes étapes de fabrication des images de synthèse, les visites des scientifiques auprès des graphistes, d'évoquer l'objectif poursuivi et de parler des difficultés rencontrées et des solutions imaginées, à travers les interviews de Nils Tavernier, René Frydman et des hommes de la 3D, Jacques Bled et Philippe Sonrier.
# Posté le mercredi 29 août 2007 15:13

Barbara et Manu

Barbara et Manu
Après avoir rencontré plusieurs jeunes couples à travers toute la France, le choix de Nils Tavernier se porte finalement sur Barbara et Manu. Immédiatement séduit par leur sincérité et l'amour qui les unit, le réalisateur décide de partager l'aventure avec eux. Cette grossesse, c'est avec Barbara et Manu qu'il la vivra.

Barbara est née à Milan en 1974. C'est dans son pays natal que la jolie Italienne suit des études de littérature étrangère. Un cursus qu'elle choisit d'interrompre afin de pouvoir se consacrer entièrement à sa passion : les dauphins. En 1998, elle commence à travailler dans un petit delphinarium italien. Puis, deux ans plus tard, la jeune femme vient s'installer en France après avoir décroché un emploi au Marineland d'Antibes.

Manu est un jeune homme, né dans le nord de la France en 1972, et descendu sur la Côte d'Azur il y a huit ans pour vivre lui aussi sa plus grand passion : la mer et la plongée sous-marine. Tiens donc ! Etrange coïncidence, non ? Après avoir exercé plusieurs boulots, Manu arrive à Marineland en 2000 pour s'occuper, entre autres, de l'entretien des bassins. C'est là, et durant l'été, que nos deux tourtereaux se rencontrent. Le charme et l'humour de Barbara semblent aller naturellement de pair avec la « force tranquille » de Manu. C'est le début d'une belle histoire d'amour.

Leur union, renforcée par l'éloignement familial, assure à Barbara et Manu les bases d'un couple solide. Pour tous les deux, fonder une famille devient vite une évidence et l'un de leurs plus grands souhaits. A Noël 2004, le couple découvre et reçoit le plus beau des cadeaux : un test de grossesse positif. Barbara et Manu se passent la bague au doigt le 13 août 2005, peu de temps après la naissance de la petite Julia.
# Posté le mercredi 29 août 2007 15:14

Nils Tavernier, réalisateur

Nils Tavernier, réalisateur
Un couple qui vit sa première grossesse, un bébé entièrement recréé en images de synthèse : Nils Tavernier a choisi de « mettre en lumière l'interaction entre une maman et le bébé qu'elle porte ». De l'extérieur à l'intérieur, du ventre rond à l'utérus, L'Odyssée de la vie nous plonge dans une aventure à la fois unique et universelle. Un film intime, parsemé de découvertes et de poésie, et enrobé de la douceur et de la magie d'un réalisateur à l'oeil tendre et avisé.

Comment est née l'envie de faire cet « enfant » ?
Un soir, j'ai dîné, avec Patricia Boutinard Rouelle, en compagnie de pédopsychiatres. La soirée était passionnante. Quand tout le monde est parti, Patricia m'a regardé droit dans les yeux en m'annonçant : « Je voudrais faire un film sur la naissance et ce film, je voudrais le faire avec toi. ».

A-t-il fallu vous convaincre ?
Sachez que refuser quelque chose à Patricia est très difficile ! Avec moi, elle a toujours été intelligente et très précise dans ses demandes. Non, je suis parti de ce dîner complètement enchanté. Il ne restait plus qu'à savoir ce que je voulais raconter à travers ce film, ce que je pouvais réaliser en terme d'images. Mettre en lumière les interactions entre une maman et le bébé qu'elle porte dans son ventre m'a tout de suite paru intéressant. Du coup, le film pouvait se situer entre le documentaire et la fiction, entre le portait de Barbara et Manu, un couple qui vit sa première grossesse, et l'évolution du foetus, entièrement recréé en images de synthèse. Le tout étant de parvenir à conjuguer habilement ces deux systèmes narratifs.

Comment y êtes-vous parvenu ?
La partie documentaire s'est faite caméra à l'épaule, sans trop de lumière et en 16 mm — je voulais une image très léchée. D'un point de vue technique, le pari du film était de parvenir à combiner le bromure d'argent et le numérique. Afin de passer naturellement de Barbara au bébé, il fallait que l'axe et la lumière soient à chaque fois respectés. Les deux images devaient aussi se rejoindre en un seul et unique système narratif. Quand Barbara se fait câliner par sa maman, par exemple, le bébé devait être serein. Lorsqu'elle exécute des pirouettes dans la piscine, il devait en faire lui aussi. Créer ce rythme et cette corrélation entre les images de fiction et de documentaire n'était pas un travail évident. Pour nous faciliter la tâche, nous avons monté simultanément ces deux parties au même endroit. La représentation du bébé étant dictée par les images de fiction et ordonnée par une certaine temporalité.

Certaines scènes s'imposaient donc d'avance...
Oui. Je m'étais construit au départ un cadre précis puisqu'il y avait des séquences « obligatoires » : Barbara devait passer dans un univers enfumé, prendre un repas... Mais cette base de travail ne m'a pas empêché de bosser ensuite dans une totale improvisation.

Pourquoi avoir choisi de ne suivre qu'un seul couple ?
Je voulais un film intime. S'il y avait eu deux couples, je me serais mis, malgré moi, à comparer les deux histoires. Et l'une aurait certainement pris le pas sur l'autre. Avec Barbara et Manu, nous avons vécu pendant un an dans une vraie proximité. Si j'avais suivi parallèlement un autre couple, mes rapports avec eux auraient été sans doute moins intimes. Une banalisation des rapports humains ne m'intéressait pas...

De quelle manière avez-vous « intégré » leur quotidien ?
Filmer un couple pendant huit mois pouvait vite s'apparenter à de la télé réalité. C'est pour cette raison que je ne désirais pas être trop « actif » au sein de ce duo et de leur intimité. L'idée de faire un gamin, c'est quand même de le faire à deux ! Je ne voulais pas que le tournage occupe une place trop « importante » dans leur vie. Barbara devait aussi conserver toute son autonomie : choisir les moments où elle avait envie de s'exprimer face à la caméra. Du coup, on ne se voyait que lorsque elle et moi le désirions. Au final, il y a eu plus de 80 jours de tournage.

Comment êtes-vous parvenu à insuffler ce vent de poésie sur le film ?
Ravi de l'entendre ! Je ne sais pas... Peut-être parce que plus ça va, plus j'ai envie d'être féminin et romantique. Je me compare souvent à un garçon fille. Et puis, dès qu'il y a de l'amour, je l'attrape en plein vol. Dans L'Odyssée de la vie, j'espère être parvenu à saisir tous les moments où un couple s'aime dans le respect et la douceur.

Ce film a-t-il changé votre regard sur la paternité ?
J'ai un enfant de 14 ans. Alors, inévitablement, tout ça m'a rappelé ma propre expérience, le moment où la mère de mon fils était enceinte. Oui, on peut parler d'une sorte de retour sur soi. Maintenant, de là à savoir si mon regard a vraiment changé... La réponse à cette question est très intime. Sans rentrer dans les détails, il est évident qu'un film sur la naissance te renvoie forcément à la tienne, donc à tes parents, et, par extension, à ta « position » dans la vie.

L'Odyssée de la vie vient-il s'inscrire dans la continuité de votre documentaire Désirs et sexualité ?
Non. J'ai vraiment considéré L'Odyssée de la vie comme un film unique. Comme ils sont signés du même réalisateur, les deux documentaires ont certainement des points communs, dans la manière de travailler et dans cette envie de promouvoir la tendresse et la douceur — mais sans pour autant omettre la violence de la vie, présente aussi bien dans la sexualité que dans la grossesse, période de danger pour la maman et le foetus.

Des points communs dans « l'envie de promouvoir » aussi les rencontres, non ? Vous aviez dit dans la presse : « Je crois que mes 15 docus racontent la même chose. [Ils] ne racontent pas autre chose que “Nils a envie de rencontrer des gens merveilleux” »...
C'est vrai que le documentaire permet de faire des rencontres, des vraies, sur la durée. Et il s'avère que j'ai une facilité déconcertante à aimer ! J'adore filmer les gens que j'aime, tout simplement. La bienveillance me rend plus à l'aise. Je vais tout de suite mieux.

Comment qualifieriez-vous ce film ?
Ce n'est ni un documentaire, ni une fiction... Ni un film de société, ni un film médical — même si l'on y apprend plein de choses... C'est un OVNI ! Un film dingue ! A la fois romantique et pédagogique, intime et universel.

Pour finir, des nouvelles de la petite Julia ?
Julia va bien, super bien même ! L'autre jour, je suis redescendu à Cannes pour faire une séance photos avec eux, comme ça, juste pour le plaisir. Ces trois-là, ils ne sont pas prêts de sortir de ma vie !
# Posté le mercredi 29 août 2007 15:20

René Frydman, directeur scientifique

René Frydman, directeur scientifique
La grossesse, il la suit jour après jour ; la naissance, il la donne au quotidien. Père du premier bébé éprouvette en France et chef du service de gynécologie obstétrique à l'hôpital Antoine-Béclère, le professeur René Frydman est le directeur scientifique du film. Explications de celui qui, de son regard expert et protecteur, a veillé au bon développement du bébé de L'Odyssée

En quoi a consisté votre rôle de directeur scientifique ?
A mettre en lumière les points de l'histoire naturelle sur lesquels devaient être concentrés les efforts des images de synthèse. Pour une bonne compréhension du mécanisme, j'ai accompagné les différentes étapes de la croissance du bébé. Dans un deuxième temps, mon rôle était de vérifier tout ce qui était écrit, dit ou dessiné. Pour favoriser l'échange, plusieurs scientifiques — généticiens, embryologistes ou échographistes — ont aussi participé à la richesse et à la qualité de l'information. Le soir, lorsque je quittais l'hôpital, c'était avec un vrai plaisir que je retrouvais l'équipe des studios Mac Guff. Voir tous ces jeunes gens passionnés travailler dans de grandes pièces communes m'a fait songer aux jeunes chercheurs. Comme eux, ils ne comptent pas leur temps, mais se concentrent uniquement sur le rendu.

Qu'avez-vous pensé des images tournées par Nils Tavernier ?
Sa spontanéité et sa sensibilité m'ont beaucoup touché. Le choix de la situation — cette femme avec les dauphins — était très beau, quasi onirique. D'autant que l'animal, selon certaines croyances, est doté d'une sensibilité aux naissances. Tout, du scénario aux images, suscite le rêve.

Et quand on s'appelle René Frydman, a-t-on encore des choses à découvrir sur la grossesse ?
On en découvre toujours. Sur le plan scientifique, il existe des questions auxquelles on ne sait pas encore répondre : qu'est ce qui fait qu'une femme tolère ou non un corps étranger comme l'embryon ? Pourquoi un accouchement se déclenche-t-il et un autre pas ?

Un processus complexe sur lequel plane une certaine magie...
Oui. Le coeur se fabrique, le cerveau pousse, les doigts et les ongles aussi... Une énorme machine se met en route. Mais aussi performante soit-elle, il suffit d'un infime détail pour qu'elle s'enraye. Toute la journée, je vois des femmes enceintes et je crois que la volonté de comprendre — ce qui reste d'ailleurs incompréhensible — est toujours présente. La grossesse est comme une partition dont on connaît le début et la fi n mais dont la musique peut être interrompue à tout moment. L'élément de surprise est quasi permanent. Il n'y a pas de loi, juste des règles de l'art qui visent à sentir, prévenir et prendre en charge les patients.

Dans le cadre d'une procréation médicalement assistée, constatez-vous une certaine perte de magie ou de poésie ?
Non. Bien sûr, le traitement médicamenteux peut être contraignant mais, grâce au transfert d'embryon sous échographie, la future maman peut tout suivre à l'écran. Malgré la technique, le rêve et l'émerveillement sont toujours présents. Maintenant, certains ont une grande capacité à rêver, d'autres non. Et lors de la naissance, malgré la place importante accordée à la sécurité, il ne faut pas oublier l'essentiel : la place des émotions émergeant lors de ce temps d'accueil et de recueillement.

Après des milliers d'accouchements, l'émotion est-elle pour vous toujours présente ?
Elle n'est jamais identique. Tout dépend, évidemment, du lien qui s'est créé avec la maman ou le couple. Si on connaît bien les patients, leur histoire, et si, a fortiori, l'on a aidé à la conception, l'émotion est très forte. En assistant au passage, je partage ce moment unique. Cette insaisissable rencontre entre les parents et l'enfant.

Vous définissez la naissance comme un « passage », une « rencontre ». Peut-on aussi parler de « séparation » ?
Oui. La naissance correspond aussi à la fi n d'un état, d'une osmose et d'un équilibre. Parmi mes patientes, j'ai pu remarquer que certaines adoraient être enceintes mais n'aimaient pas trop l'idée d'élever un enfant. D'autres, à l'inverse, voudraient avoir leur bébé tout de suite. Sans faire de psychologie sauvage, je pense que ces réactions sont en partie liées à cette notion de « deuil ». Dans la manière dont l'expérience est vécue ou ressentie, on voit à la fois tout et son contraire. Mais, aussi fouillé soit-il, le film ne pouvait évidemment pas rendre compte de cette richesse de la vie et de la consultation ! L'odyssée de la vie trace une sorte de support. Car quelles que soient les circonstances, les latitudes, les coutumes et les populations, le processus est le même depuis que le monde est monde.

Ce processus ancestral est-il immuable dans le temps ?
Oui, je pense. Aujourd'hui, bien sûr, il y a des modalités qui n'existaient pas hier : la péridurale, la césarienne, les positions de l'accouchement... Mais le fonctionnement physiologique reste le même, avec des aléas, qui eux, ne sont jamais les mêmes. Une partition identique pour un son différent.

De manière générale, peut-on dire qu'il y aura toujours dans la grossesse une part de mystère ?
Oui, sans aucun doute. Car cette expérience est de l'ordre de l'unicité. D'ailleurs — je raconte souvent cette anecdote — quand je suis arrivé à Clamart, en tant que jeune chef, j'ai vu un jour inscrit dans le dossier d'une patiente : « neuvième accouchement ». Je suis allé la voir pour prendre de ses nouvelles et lui ai demandé pourquoi elle était tombée enceinte une nouvelle fois — la preuve que cette fameuse question du désir me tient vraiment à coeur ! Elle m'a simplement répondu que celui-là, elle le voulait !

Avez-vous d'autres souvenirs particulièrement marquants ?
Beaucoup. Certaines femmes arrivent aux urgences pour un mal de ventre et apprennent qu'elles sont enceintes de six mois ! Une fois, il m'est même arrivé d'examiner une patiente et de lui annoncer que non seulement elle était enceinte mais qu'elle était aussi en train d'accoucher !

Vous êtes le commissaire scientifique de l'exposition « Naissances, gestes, objets et rituels » qui se tient actuellement au Musée de l'homme...
J'ai voulu survoler les différents rites de passage au fil de l'histoire, comprendre ce qui nous avait amenés à cette modalité d'accouchement, aujourd'hui, en Europe, pour justement pouvoir la comparer à d'autres cultures. J'ai l'impression qu'il existe une certaine tendance à l'uniformisation et que ces rituels de passage, qui font partie du patrimoine de l'humanité, se raréfient peut-être. Ils se transforment en tout cas.
# Posté le mercredi 29 août 2007 15:21